
Réveillé avec
de la fatigue
dans le regard
et une sensation
physique désagréable
à mon orteil gauche.
Éprouver
un élancement
sourd à l'articulation,
aucun souvenir
de m'être heurté
le pied,
ni la veille,
ni pendant la nuit.
La journée se passe
avec difficulté,
le gros orteil
gauche gonfle,
gonfle gonfle
comme
un ballon de
baudruche ;
ressentir
dans cette partie
de mon corps,
une douleur lancinante,
intense et pulsative ;
Bam ! Bam ! Bam !
ça bat
la cadence,
Bam ! Bam ! Bam !
ça rythme
la mélodie,
Bam ! Bam ! Bam !
ça règle
le tempo,
impossible
de lâcher
ce groove
endiablé,
impossible
de poser
le pied
à terre,
impossible
de me concentrer :
mon orteil
est possédé !
Pas moyen
de mettre
mes chaussettes
montantes
et mes rangers,
alors me rabattre
sur de vieilles espadrilles
pour me rendre
clopin-clopant
chez le médecin ;
pendant que mes pieds s’engourdissent,
l'hiver s'imprègne de mélancolie,
ne pas s'en soucier,
le printemps est dans ma tête
jusqu'à cette satanée averse :
mes vieilles espadrilles
sont trempées.
Diagnostic rapide du Doc :
— Vous avez la goutte !
— À mon âge ?
— il n'y a pas d'âge
lorsqu'on est un bon vivant !
En voilà
un drôle de nom,
pour une maladie
chronique
d'inflammation
des articulations :
la goutte !
le terme me rappelle
la chanson de Brassens
de la Brave Margot
donnant
la gougoutte à son chat ;
visualiser sa poitrine
et non pas
mon gros orteil gonflé.
Donner au Doc
ma carte Vitale
et jeter un œil
par la fenêtre,
accalmie des cieux,
les nuages disparaissent
mais la vitre est recouverte
de gouttes... d'eau.
Le temps s'y met,
il a de l'humour à revendre.
Poème de Jean-Michel Léglise
Photographie du poème : Jean-Michel Léglise
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