
La lampe crache
dans l'obscurité de la pièce,
son faisceau lumineux
sur le plateau du bureau,
mon esprit surchauffe,
mon cœur s'emballe,
un mécontentement se soulève
avant l'impétueuse colère
qui semble encore refrénée
dans mon estomac ;
l'inspiration
imprévisible,
irrationnelle,
inconstante,
belliqueuse
complique ma phase
de création.
Depuis son lit,
ma source d'inspiration
s'assèche,
le filet d'encre s'évapore,
le papier craquelle
et les mots disparaissent :
formuler une phrase cohérente
est bien plus laborieux
que d'arracher
de sa terre natale,
une caillasse,
ou le cœur d'une poitrine.
À travers les fenêtres
et les volets clos,
le roucoulement fiévreux
d'un couple d'oiseaux
devient insistant,
le soleil se lève-t-il ?
ma séance de travail s'éternise.
Rien n'est perdu,
rien n'est prévisible,
rien n'est définitif,
si ce n'est la finalité :
composer une œuvre pour être lu,
profiter des instants présents
et puis mourir heureux.
La vie d'un poète,
ce n'est pas plus compliquée que cela.
Poème de Jean-Michel Léglise
Photographie du poème : Jean-Michel Léglise
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