
Un soir, dans ma chambre d’étudiant, un copain (dont j’ai oublié le prénom et le visage, c’est dire que cela date), surfait sur Internet à l’aide de mon ordinateur de bureau et me dit brusquement :
— Jean-Michel, au lieu d’utiliser Yahoo, tu devrais plutôt tester un moteur de recherche. C’est plus performant.
— Ah bon ? Quelle est la différence ? demandais-je un peu candide sur le sujet.
— Yahoo, c’est un annuaire web qui répertorie par catégories les sites Internet existants. Pour celui que je vais te montrer, il suffit de mettre des mots-clefs et il te trouve un nombre de pages indexées qui ont un lien avec ta recherche. C’est plus pertinent. Le site a été créé par trois étudiants américains. Ils ont besoin d’un coup de pouce !
Cette discussion datait de 1998 ou 1999. Dans ces années-là, je n’y connaissais pas grand-chose au monde virtuel d’Internet : c’était les balbutiements d’un nouvel environnement de communication mondiale. Cette petite entreprise de « potes étudiants » s’appelle Google.
Depuis, des décennies ont coulé dans le sablier. Je n’énumérerai pas toutes les acquisitions d’entreprises réalisées depuis, je ne développerai pas non plus sur la valorisation boursière d’Alphabet Inc, la maison mère de Google. Ce n’est pas le thème du billet et je laisse aux spécialistes de la finance ou du numérique raconter la belle épopée « du rêve américain » de l’entreprise.
En revanche, si je pousse mon coup de gueule, c’est plutôt pour l’attitude de cette dernière dans la façon d’imposer une technologie que je ne souhaite pas utiliser : l’Intelligence Artificielle générative. Si les dirigeants de Google avaient permis de désactiver cette option, vous ne liriez pas ces lignes. En effet, depuis le 22 juillet 2026, les réponses de vos requêtes sont accompagnées en haut de la première page d’un « aperçu IA ». Il s’agit d’un résumé de vos recherches en un clic. Sachant que cette technologie est énergivore en électricité et en eau – certes, la consommation est moins importante que les prompts envoyés à la clique des « IA conversationnelles » par les artistes du dimanche en photos, vidéos, textes, musiques, infographie et j’en passe… –, je n’ai pas envie de contribuer à cette nouvelle forme de pollution. Je vous laisse chercher par vous-même les chiffres publiés ou les articles traitant du sujet par les ONG environnementales. Vous forgerez vous-même votre propre opinion.
Vous aurez compris que je ne suis pas un partisan de l’Intelligence Artificielle générative. Aussi, me priver du droit de ma liberté de choix… ça ne passe pas ! Je dois pouvoir, en cochant ou décochant une case dans mes paramètres, désactiver cette option pour ne plus en bénéficier. Malheureusement, ce n’est pas la politique de la maison Google !
Depuis le 25 juillet 2026, J’ai trouvé son remplaçant. Un moteur de recherche français qui ne collecte pas vos données personnelles pour les revendre à des tiers ou n’analyse pas non plus votre façon de surfer. Son nom : Qwant. Bien sûr, lui aussi a une IA générative – c’est la tendance, je le déplore. Toutefois, vous pouvez la désactiver.
Alors si vous aussi vous n’appréciez pas qu’on vous impose une option que vous ne souhaitez pas, changez de crémerie. C’est ainsi qu’on démontre nos convictions et notre détermination. Perso, je ne suis pas un mouton.

